mercredi 8 juin 2011

Pensée du soir

En quittant le bureau ce soir vers 18H00, un ami plaisante sur l'horaire de mon départ en me disant que j'avais des horaires de "fonctionnaire". Ce à quoi je lui réponds que si tel était le cas, je serais déjà partie depuis plus de 2 heures. Bien sûr, au delà de la plaisanterie partagée et de mauvais goût j'en conviens, sa réflexion m'interpelle. Sur le chemin du retour je me mets à penser que, dans le fond oui, j'avais vraiment hâte de rentrer. Convaincue sans détour que si le boulot laissé en attente pourrait être remis à plus tard ou à demain, les heures manquées avec Sacha ne pourraient jamais être remplacées. A caractère d'autant plus précieux que comptées et limitées dans le temps, sous l'effet d'un avènement tardif sans aucun doute. Mais cet empressement est aussi d'une autre nature et témoigne d'un malaise plus profond. Echo à un état de découragement installé aussi lentement et sournoisement dans ma profession, qu'une dépression dans une vie personnelle. La récurrence des problèmes à affronter, des solutions à trouver, à inventer, des incertitudes à dépasser me conduisent inexorablement vers un point de rupture. Même si j'admets que de telles situations sont inhérentes à ma fonction, ma capacité de résistance a atteint sa limite, je le sais. La solitude du chef d'orchestre est parfois immense, je le mesure. En effet, n'est-il pas vrai qu'un homme à la mer en pleine tempête mourra inévitablement d'épuisement s'il n'arrive plus à respirer entre deux vagues ? s'il perd tout espoir d'une accalmie prochaine? Alors oui, le matin je m'arrache des bras de mon fils, de cet espace d'humanité simple et accessible, opium de mes journées et le soir je garderai pour un temps encore mes horaires de "fonctionnaire"....Caro amico, abbi cura di te, ti amo tanto. 

2 commentaires:

  1. Est ce que tout ça n'est pas qu'une question de point de vue? La solitude du chef d'orchestre n'est elle pas nécessaire? Et au final ne devient elle pas une force?
    Ne recherche t'il pas l'immobilité annonciatrice de force créatrice?
    Cette même force qu'il pourra ensuite partager avec l'orchestre dans une "commune union" et à l'"uni-son"?
    Quant à l’homme à la mer il ne se noiera uniquement lorsque une personne aura prononcé le mot et le considèrera comme tel, jusqu'à preuve du contraire il ne reste qu'un homme à la mer surfant sur les vagues qu'il aura dompté plutôt que les subir...
    Notre vie, la matière, notre réalité, notre univers tout entier n'est peut être qu'une question de point de vue. Donne-moi ta main tendre Kalimicha et allons voir si la rose à des épines ou si les épines ont une rose...
    Galaad

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  2. Le chef d'orchestre aimerait l'immobilité mais s'agite encore beaucoup trop. Mauvaise cadence, rythme irrégulier et sons dysharmoniques. Mais le temps fera son oeuvre, je l'espère. Quant à ma main, Galaad, à toi de savoir l'attraper...

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