lundi 19 mars 2012

Objet singulier - Nouvelle


Préambule

Depuis des mois je pense à vous, mon XY. Avoir quelqu’un dans la peau, c’est étrange. On se connaît depuis si longtemps déjà et jamais je ne vous avais porté ce regard amoureux. Certes, je vous ai toujours trouvé brillant, charmant, un brin baroudeur, tout ce que j’aime chez un homme mais je n’avais jamais posé sur vous un regard insistant. Sans doute alors trop préoccupée à me regarder le nombril…
Et puis un jour, tout bascule. Pourquoi, comment, je ne sais pas, je ne veux pas savoir, je prends, c’est tout et essentiel. Je cherche votre regard, me noie dans le bleu indigo de vos yeux. J’étais loin d’imaginer que cela prendrait de telles proportions. Pourtant je n’ai plus vingt ans. Barbie attend son Ken. Son cœur s’illumine à l’idée de sa venue, souffre des rares moments passés avec lui, a du mal à se concentrer en sa présence. En dérive de pensées pour lui, souvent, trop souvent.
Mon corps prend le relais, attention danger. Il exprime du désir pour vous, capte ma pensée jusqu’alors raisonnable vers un objet plus sexuel. Début d’un jeu infernal entre le fantasme et la raison. Echec et mat du corps sur la pensée, je vous aime.
Septembre. il y a ce malaise, cette douleur foudroyante dans la poitrine. J’ai mal, terriblement mal, 9 sur l’échelle de Richter. 40 de fièvre, j’ai peur, serait l’heure de la grande faucheuse ? Je suis seule avec Sacha, je ne veux pas partir maintenant, je t’aime mon petit homme. Hospitalisation. Séparation de mon fils, peur de laisser ce petit garçon sur une seule béquille pour se construire. Alors la nuit je pleure à cette vie passée trop vite, à toutes ces souffrances engrangées sans réagir. Je parle avec ma psy de mes angoisses, je sais qu’elle en a déterminé les causes, mais je sais aussi qu’elle ne me dira rien, à moi de trouver mon chemin. Elle me rassure cependant, me convainc que rien n’est jamais écrit nul part, ni pour personne. Je peux donc encore construire mon identité, ma vie celle qui m’appartient et non pas celle pour laquelle on m’a mal éduqué.
Le cheval, il faut que je remonte à cheval, c’est évident.
Vous, et le désir que j’ai pour vous, il faut que j’en fasse quelque chose, c’est déterminant.
J’achète un cheval, Kali, pure race espagnole de 3 ans et demi et embrasse avec lui le rêve de me perfectionner en monte ibérique.
Reste vous, que faire ? Vous annoncer sans sommation mon amour ? Je n’en ai pas le courage, trop peur d’affronter à vif votre réaction, insurmontable pensée d’un éventuel conflit.
Vous écrire, pourquoi pas…

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